dimanche 1 février 2009

La douleur remonte (ecrit le 20/01/2007)


Ma souffrance tout au fond de moi n’a pas de mot, elle est la ,je ne serais plus jamais comme avant ce 13/10.

Je sortirais peut etre plus grande de cette aventure, mais pour l’instant je voudrais pouvoir crier cette rage en moi.

Je me surprends quelques fois le soir qd je repense a ce moment juste avant de partir au bloc ou je veux pousser , pousser pour qu’elle sorte vite avant qu’on m’ouvre ce ventre….

Et la dans mon lit je pousse , je sens presque cette envie encore de faire naitre ma fille.

D’autres soirs, j’ai mal, je revis chaque instant…
Je revis ce désespoir qd on m’a annonce a 10 cm que j’allais devoir partir au bloc, on sait a ce moment la que rien ne sera plus pareil, je me suis d’un coup un seul sentie seule au monde, les autres autour (meme Julien) n’existaient plus,j’etais la avec ma douleur ,ma peur, seule a toucher ce ventre a qui j’en voulais tant… tout devenait tristesse….

Puis je souris qd je repense a ces quelques secondes ou j’ai savouré cette naissance, ces quelques secondes ou j’ai vu ma fille, ces quelques secondes ou elle etait a moi contre mon visage,ces uniques secondes ou j’etais sa maman.
Puis plus rien, le néant.

Qu’est ce que j’ai pleuré on me tenait la main, on telephonait en réanimation pour me dire comment allait Emma…. Non moi je voulais Emma, on m’avait tout volé…. Il ne me restait que la douleur….. ..

Mes ex collègues de réa venait me soutenir, mais moi ca me fesait mal car elles touchaient ma fille…..

Je savais aussi qu’il me faudrait à ce moment la tant de forces et d’energie encore pour me lever pour tout faire. J’aurai tant aimé ma maman aussi.

Quand j’ai vu Emma deux jours plus tard, l’emotion etait la, forte violente, en meme temps, elle n’avait plus la tete d’un nouveau-né…
Alors je regardais ma toute petite et j'etais si anxieuse... quelque part tout au fond de moi, j'avais des sentiments etranges.Je lui en voulais à elle d'avoir culbuté en siege, j'avais beau me resonner ce sentiment etait la.
En meme temps le gygy est arrivé et m'a dit tout ce qu'on allait me faire ce soir la.... retrait des sondes, essai d'une marche, et le pire, retrait de la lame.

C'etait atroce de lui en vouloir, je me disais sans arret que je devais ne pas lui en vouloir, qu'elle n'y pouvait rien. On m'a alors proposé de la prendre pour la nuit car mon corps avait besoin de se reposer. Je l'ai laissé partir sans probleme.

Je me trouvais indigne d'etre sa mère.
Moi qui l'avait tant desiré ,qui avait tant esperé l'avoir avec moi, je la laisse partir en pouponnière.
Pour moi il etait inssuportable de la voir boire un biberon, je ne pouvais toujours pas allaiter, et personne ne voulait se donner la peine de venir tirer mon lait.

Dans la nuit enfin elle me manquait a nouveau.Le matin c'est avec plaisir que je l'ais vu arriver. On est venu la laver et une fois de plus j'etais triste, je n'ai pas pu regarder, j'ai meme telephoné à mon père.( ce qui a faché l'auxiliaire de puériculture) je lui ais dit que ce qu'elle fait est mon metier, que je 'n'avais pas besoin d'un cours. Que pour moi c'etait difficile de la voir laver ma fille.

Ce que je veux rajouter maintenant le 20/01 c'est que j'ai peur, peur du jour ou l'allaitement va s'arreter ,peur atroce que Emma refuse ce sein, peur de la voir grandir.J'ai envie de la garder petite.

Cet allaitement est ma bequille, il est ce que j'ai de plus important .J'essaye de penser a après, mais c'est trop dur. J'ai transferé toutes mes emotions sur cet allaitement, j'y ais mis toute mon energie pour supprimer les biberons les uns après les autres.
Elle buvait tout de même déja 60 ml de lait en sortant de réanimation.

Je vis avec elle ce que je n'ai jamais vecu avec mes deux grandes, etrangement c'est elle qui m'a fait remonter la pente, je ne sais pas trop comment le dire, comme si elle avait compris ce dont j'avais besoin. Voila les références d'un livre puissant.

A lire absolument:




Drôles, impudiques, vraies. Huit romancières en liberté évoquent le mystère de la naissance : émerveillement, sérénité, partage, mais aussi violence, incompréhension, désarroi. De la conception originelle à la troublante délivrance, loin des clichés, des tranches de vie pleines d'émotion, de douleur et de tendresse.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

ce que je cherchais, merci

ichampignoni a dit…

De rien si je peux t'aider anonyme ;o)